Le redoublement est-il une garantie de réussite ?

La question du redoublement s’inscrit dans une problématique plus large : la lutte contre l’échec scolaire. Actuellement, le taux de redoublement dans les écoles publiques est d’environ 10% (5% dans les écoles privées).

Cette lutte contre l’échec et le décrochage scolaire passe historiquement par la pratique du redoublement et son impact sur les enfants et les jeunes qui rencontrent des difficultés à l’école ou au collège.

Cette pratique a également fait l’objet de fluctuations dans les lois successives sur l’éducation votées dans notre pays (comme on le sait, généralement de nature nettement partisane et politique).

Le débat porte généralement sur la question de savoir si un (ou plusieurs) test(s) standardisé(s) est(sont) suffisant(s) pour déterminer le travail de 9 mois d’un élève. Le débat tourne entre ceux qui le pensent, car ils donnent aux examens l’aura d’outil évaluatif par excellence ; et ceux qui considèrent qu’il faut prendre en compte des aspects plus procéduraux tels que l’évolution de l’élève, son effort, ses compétences, son contexte…

La nouvelle loi sur l’éducation (LOMLOE) récemment approuvée a aboli le redoublement automatique basé sur un certain nombre de matières échouées, et le considère comme une mesure exceptionnelle à appliquer uniquement lorsqu’il est considéré comme l’option la plus bénéfique pour l’étudiant.

À mon avis, le redoublement ne peut pas offrir une grande garantie de réussite. La façon dont la promotion est conçue, ce qu’elle corrobore, c’est l’acquisition d’une série de contenus paramétrés autour d’un curriculum, qui, qu’on le veuille ou non, est un outil d’évaluation terriblement rigide.

Bien sûr, il y aura des cas où la réception du cours est bénéfique en termes au-delà de l’aspect purement académique (social/émotionnel), et cela pousse l’étudiant à mieux performer. Je crois savoir que c’est ce que la nouvelle loi sur l’éducation vise à encourager.

Dans de nombreux autres cas, faire redoubler les élèves parce qu’ils n’ont pas réussi à atteindre les minimums établis par le programme, sans changer aucune autre variable, je pense que la seule chose qu’on obtient est de prolonger le martyre que de nombreux élèves doivent affronter avec des listes interminables de contenus dans jusqu’à 12 matières différentes.

Je pense que la répétition des années par les enfants et les adolescents doit être considérée comme un échec du système éducatif dans la grande majorité des cas. Échec pour n’avoir pas été en mesure de s’occuper convenablement d’au moins 10 % des élèves des écoles secondaires espagnoles.

Quoi qu’il en soit, j’encourage toutes les familles et tous les élèves qui se sentent concernés par cette question à la prendre de manière naturelle et positive, elle ne devrait pas être une expérience traumatisante et la grande majorité d’entre nous y est passée à un moment ou à un autre de notre vie.

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